BUDGET PROVINCIAL: FRAIS DE SCOLARITÉ & RÉGIMES DE RETRAITE

Dans le cadre de La Presse Débats, j’ai été sollicité pour donner mon opinion sur des questions d’actualités. Voici mes réponses aux questions des dernières semaines :

Dans son dernier budget, le gouvernement Charest a annoncé une hausse substantielle des droits de scolarité dans les universités à compter de 2012. L’augmentation devrait atteindre 500 $ par année pendant trois ans. Croyez-vous que cette hausse est justifiée ? Est-elle la meilleure solution au sous-financement des universités? Cette augmentation rendra-t-elle l’université moins accessible aux jeunes Québécois ?

On parle souvent des choix de société que l’on a faits au Québec au cours des années, lesquels nous différencient souvent du reste du Canada. Le problème vient du fait que, la plupart du temps, nos choix identifient ce que sera la dépense mais oublient de spécifier d’où viendront les revenus pour couvrir ladite dépense. En conséquence, ça vient toujours du budget consolidé de la province, lequel n’augmente pas à moins d’augmenter les taxes et les impôts. C’est le cas, par exemple, des garderies à 7$ et…des frais de scolarité dans les universités. L’argument de base des étudiants : les pauvres doivent avoir le même accès à l’université que les riches. C’est évidemment très beau en principe, mais comme la capacité de payer de ceux qui justement paient de l’impôt a déjà été étiré au maximum, il devient important d’établir une juste mesure entre la position de ceux voulant que l’accès à l’université soit gratuit comme dans certains pays d’Europe et la position de ceux voulant que l’étudiant paie le vrai coût de ses études universitaires. Dans ce contexte, une augmentation de 500$ par année pendant trois ans est non seulement souhaitable mais également équitable vis-à-vis les autres choix de société que le Québec a mis en place et que l’ensemble des payeurs d’impôt doit assumer. Dans trois ans, d’ailleurs, les frais de scolarité au Québec seront encore bien en deçà de la moyenne canadienne.


Dans son dernier budget, le gouvernement Charest a annoncé des mesures visant les régimes de retraite. Par exemple, les travailleurs qui prennent leur retraite avant 65 ans verront leur rente diminuée. À l’inverse, ceux qui retarderont leur retraite auront droit à une rente accrue. Le gouvernement a aussi annoncé la mise en place de régimes volontaires d’épargne-retraite qui seront offerts par tous les employeurs. Êtes-vous favorable à cette politique ?

Dans un premier temps, il est important de clarifier une chose: toute augmentation des cotisations à la Régie des rentes du Québec ne peut être considérée comme une augmentation de taxes ou d’impôts. Il s’agit d’un programme qui doit s’autofinancer et le rôle du gouvernement est justement de s’assurer que, sur une base actuarielle et mathématique, le régime aura toujours les revenus nécessaires pour payer les pensions le moment venu. Donc, s’il y a un reproche que l’on peut faire au gouvernement, c’est d’avoir trop tardé pour augmenter les cotisations et/ou diminuer les rentes pour ceux qui veulent prendre leur retraite avant d’avoir atteint l’âge de 65 ans. S’il est vrai que le régime aurait été à sec dans 30 ans sans les mesures annoncées, on peut conclure que le gouvernement a justement attendu trop longtemps, probablement pour des raisons politiques, avant d’agir. En ce qui a trait aux entreprises qui se plaignent de devoir payer plus pour leurs employés, elles ont tard. Le régime des rentes du Québec fait partie des coûts que toute entreprise se doit d’assumer. En mots plus simples, cela fait partie du coût de faire des affaires.

En ce qui a trait à la mise en place d’un nouveau régime d’épargne-retraite, on ne peut tout simplement pas être contre la vertu. L’important est qu’il s’agit d’un régime volontaire. Mais d’ores et déjà, je suis de ceux qui pensent que ce régime rencontrera un succès immédiat.

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