HOCKEY : UN PEU DE CRÉATIVITÉ SVP

Combien de joueurs accepteraient aujourd’hui d’investir dans une équipe de hockey en tant que propriétaire? Certains l’ont fait dans le passé et semblent s’en mordent les pouces. Ils savent qu’il est préférable de garder son argent bien tranquille à la banque plutôt que de la perdre dans un sport moribond.

D’une part, il est reconnu qu’en Amérique du Nord, seule l’américanisation d’un sport en particulier permet de payer des salaires astronomiques. D’autre part, on sait que le hockey ne fait pas partie des sports qui ont été américanisés avec succès. Le hockey demeure un sport canadien qui n’a jamais réussi à s’implanter dans le cœur des américains. C’est un sport marginal aux Etats-Unis à comparer au football, au baseball et au basketball. Même dans les villes de New-York, Boston, Détroit et Chicago qui formaient la Ligue Nationale avec Montréal et Toronto avant l’expansion, le hockey vient presque toujours au 4ième rang. Et on ne peut pas être marginal et en même temps vouloir jouer dans la cour des grands.

On a fait l’erreur d’appliquer au hockey les mêmes paramètres que dans les autres sports, à savoir trouver des propriétaires qui sont prêts à investir des centaines de millions pour la gloire qu’apporte le simple fait d’être propriétaire d’une équipe de sport, et trouver des réseaux de télévision prêts à investir des centaines de millions dans l’espoir d’augmenter leurs cotes d’écoute. Aujourd’hui, le constat d’échec est frappant : les propriétaires déchantent, soit parce que les revenus prévus ne se sont pas matérialisés, soit parce qu’ils réalisent que la supposée gloire que devait leur apporter le fait d’être propriétaire d’une équipe de hockey n’est pas au rendez-vous, et les réseaux de télévision ne veulent plus rien savoir du hockey parce que les cotes d’écoute n’y sont tout simplement pas. Et dans tout cela, les joueurs réagissent comme si ça ne les concernait pas.

Le problème, c’est que les salaires au hockey ont été nivelés par le haut. Qu’un joueur de concession dans une équipe gagne 10 millions par année n’est pas un problème s’il tient le sort de l’équipe entre ses mains, mais que les quelques 10 plombiers que compte la même équipe gagnent entre 1 et 5 millions chacun est ridicule. Comment au hockey peut-on accepter de payer 3 millions par année à un joueur qui n’amasse même pas 20 points durant la saison? Le hockey n’a d’autre choix que de prendre en considération la capacité de payer et les succès de chaque équipe. Et pour ce faire, les joueurs vont devoir accepter la réalité du hockey en Amérique du Nord : le Canada n’a pas les moyens des Etats-Unis et les Etats-Unis n’ont pas le hockey dans le sang.

Les joueurs ont rouspété longtemps face à la possibilité d’un plafond salarial. Pourtant, ça existe en entreprise. Il y a des minimums et des maximums établis pour les salaires de la haute direction des entreprises ainsi que pour les autres salariés et c’est normal. Si cela n’est pas une forme de plafond salarial, c’est quoi alors? Pourquoi ça ne s’appliquerait pas au hockey surtout si c’est la seule façon de sauver ce sport?  Et cessons de dire que tout est de la faute des propriétaires qui n’ont pas de discipline : la raison d’être d’une équipe de sport est de gagner et s’il n’y a pas de limites bien établies, la nature humaine fera en sorte que chacun mettra plus d’argent que le voisin pour obtenir un bon joueur. Et seuls les clubs riches peuvent survivre dans un tel monde.

Pour régler un conflit qui perdure, il faut faire preuve de créativité tout en tenant compte des amateurs. Et comme la méfiance s’est établie entre les parties, je me suis dit que je pouvais sans crainte y aller de ma propre réflexion, convaincu de ne pas faire pire qu’eux. Admettons tout de suite que j’essaie simplement de m’amuser un peu aux dépens des propriétaires et des joueurs car je ne prétends pas m’y connaître dans ce domaine. Voici comment je règlerais le problème :

-Un plafond salarial de 25 millions pour tous les joueurs d’une équipe, à l’exception des 2 meilleurs.

-Aucun plafond salarial pour les 2 meilleurs joueurs de chaque équipe. Si elle le désire, une équipe pourrait théoriquement payer 15 millions à chacun de ses 2 meilleurs joueurs, tous les autres devant se retrouver dans la masse salariale de 25 millions.

-Une bonification salariale de groupe variant de 0% à 20% du total des salaires de chaque équipe basée sur  des paramètres collectifs vérifiables : assistance moyenne, nombre de buts pour, nombre de buts contre, points au classement, etc..

Cette formule tient compte des meilleurs joueurs, des plombiers et des amateurs. Tant les propriétaires que les joueurs vont dire que ce n’est pas réaliste, mais au moins c’est créatif. Avec un tel système, la masse salariale des équipes pourrait se situer entre 35 et 55 millions mais aucune ne pourrait « acheter » la Coupe Stanly. Et les amateurs, dont je suis, en auraient un peu plus pour leur argent.

Vous aurez peut-être compris que je souhaite simplement une solution rapide au lock-out actuel car mes billets pour la saison 2005-06 sont déjà payés. Et s’il n’y a pas de hockey pour la saison  2005-06, je n’attendrai pas la saison 2006-07 car la passion n’y sera plus. Le club de hockey Canadiens n’aura plus alors qu’à me rembourser et vendre mes billets de saison à quelqu’un d’autre. À condition qu’il y ait encore des amateurs assez fous pour les acheter.

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