MONTRÉAL A BESOIN D’UN GILBERT ROZON COMME MAIRE

Il y a quelques semaines, Gilbert Rozon laissait entrevoir la possibilité de se présenter comme maire de Montréal lors des prochaines élections municipales. Personne ne semble savoir si cette boutade était sérieuse ou….juste pour rire. Quoiqu’il en soit, Montréal a vraiment besoin d’un maire-promoteur-fonceur pour redevenir la Ville qu’elle a déjà été, pour qu’elle reprenne sa place comme métropole du Québec. Dans les faits, la Ville de Montréal, depuis le départ de Jean Drapeau, sauf peut-être lors du bref passage de Pierre Bourque à la mairie, a perdu tout ascendant politique au point où les gouvernements supérieurs ne prennent même pas la peine de l’écouter, encore moins de répondre positivement à ses demandes. En politique, il n’y a pas de vide. Si un maire n’a pas la force politique d’imposer ses vues, quelqu’un d’autre le fera à sa place. Ce sera alors évidemment un ministre du gouvernement provincial en place, ministre qui, très souvent, ne connait pas la dynamique de Montréal ou, pire encore, s’en fout éperdument. Regardez les dossiers du CHUM, du contrat des voitures du Métro, de l’échangeur Turcot, du prolongement de la rue Notre-Dame, etc. Où est l’influence de la ville dans ces dossiers? Pourtant, le maire d’une ville se doit d’être le moteur du développement de sa ville même si ce n’est pas elle qui paie pour un projet spécifique. Il doit être celui qui dicte une direction et qui sait vendre ses idées. Vous souvenez-vous de Jean Drapeau? Il avait ses défauts, il était un peu trop dépensier mais on savait qui était le « boss ». Les premiers ministres de l’époque, René Lévesque au niveau provincial et Pierre Trudeau au niveau fédéral n’auraient jamais osé lui refuser quelque chose sans raison valable car il y aurait eu un prix politique à payer. Le Jean Drapeau d’aujourd’hui n’est pas à Montréal mais à Québec. En peu de temps, le maire Régis Labeaume a pris les rênes de « sa » ville et malheur à ceux qui se trouvent sur son chemin. Cela s’applique autant aux syndiqués de la ville qu’aux premiers ministres tant du Québec que du Canada. Vous êtes avec lui ou contre lui, mais vous ne pouvez pas rester assis sur la clôture. À ceux qui diront que c’est ni plus ni moins qu’une dictature, je répondrai qu’au moins, ça marche, qu’au moins, les projets avancent et se concrétisent. Regardez la vitesse avec laquelle Jean Charest a répondu positivement au projet d’un nouveau Colisée à Québec en mettant 175 millions de dollars sur la table sans même un débat public. Imaginez une demande semblable venant du Maire de Montréal. C’aurait été une fin de non-recevoir et le débat aurait été terminé avant même de commencer. La Ville de Québec s’apprête à poser sa candidature pour les jeux olympiques d’hiver de 2022? Regardez bien aller le dossier. Tout politicien qui osera essayer de barrer la route au maire Labeaume se fera passer dessus par un « bulldozer ». C’est ce qu’on appelle avoir le courage de ses convictions.

C’est dans ce contexte que je vois un Gilbert Rozon comme maire de Montréal. Pour avoir eu à négocier avec lui quand j’étais PDG de Loto-Québec, je peux vous affirmer que c’est un homme d’affaires averti et astucieux, doublé d’un promoteur hors pair. Il a ce flair qui lui permet de deviner ce qui s’en vient et d’en faire un succès avant même que ses compétiteurs aient eu le temps de le réaliser. Prenons tout simplement l’empire « Juste pour rire » qu’il a bâti de toutes pièces. Trouvez-moi un autre entrepreneur qui aurait eu l’audace d’investir autant dans l’humour et en faire un succès mondial.

Je vois Gilbert Rozon comme Maire de Montréal car Montréal a besoin d’un maire qui décide même quand ça veut dire piler sur les pieds de l’opposition ou sur les pieds d’un autre palier de gouvernement. Montréal a besoin d’un maire qui aura l’écoute du gouvernement du Québec parce que le gouvernement du Québec aura peur de lui dire non. Notre maire actuel, Gérald Tremblay n’aura pas nécessairement été un mauvais maire, loin de là. Il aura tout simplement géré la ville du mieux qu’il pouvait, sans panache et sans avoir pu influencer les grandes dossiers d’où il était absent plus souvent qu’à son tour. Mais le temps est venu pour Montréal de passer à une vitesse supérieure et de retrouver sa gloire d’antan. Alors, mon cher Gilbert, pourquoi ne prendrais-tu pas le risque de devenir le Régis Labeaume ou encore, le nouveau Jean Drapeau de Montréal? Ce serait toute une plume à ton chapeau. Et tu as la « couenne » pour y arriver.

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