L’HOMME DE LA SITUATION

Publié dans La Presse, le 9 octobre 2012 :

Certains disent de Denis Coderre qu’il ne fait pas toujours sérieux. Je dirais plutôt qu’il ne se prend pas toujours au sérieux et qu’il a le sens de l’autodérision quand c’est le temps. Et en politique, cela est beaucoup plus une qualité qu’un défaut.

En fait, passer une heure à discuter avec lui équivaut à un cours de politique 101, car la politique lui sort par les oreilles. On lui a d’ailleurs donné toutes sortes de surnoms, celui de « kid Kodak » n’étant pas le moindre. Et il ne s’en offusque pas du tout, car il assume qui il est.

Mais une chose est certaine : il ne laisse personne indifférent. Il est de tous les débats, de toutes les tribunes et il sait jouer avec les mots. En plus, il connaît ses dossiers et sait s’entourer de personnes fortes. Et il est rassembleur, ce qui est une rareté dans le monde d’aujourd’hui. Il est populiste sans être mondain, préférant les dîners spaghetti aux grands banquets.

On oublie souvent que Denis Coderre possède une expérience qui devrait faire l’envie de tous ceux qui le dénigrent. Il est titulaire d’un baccalauréat en sciences politiques de l’Université de Montréal et d’une maîtrise en administration des affaires pour cadres de l’Université d’Ottawa. Candidat défait à trois reprises avant de trouver le chemin de la victoire, il a été tour à tour ministre de l’Immigration et ministre du Sport amateur sous la gouverne de Jean Chrétien. Et il a mené ces deux ministères à bon port.

Après plusieurs mandats comme député à la Chambre des communes, il n’y a aucun doute qu’il a acquis une maturité politique qui pourrait très bien le servir comme maire de Montréal.

D’ailleurs, quand on lui parle de Montréal, vous seriez surpris de voir à quel point il en connaît déjà toutes les facettes, autant les bonnes que les mauvaises. Il sait accorder le mérite au maire Tremblay pour les rénovations d’infrastructures réalisées sous son règne. Il ne cache pas le fait que Montréal est, jusqu’à un certain point, une ville ingouvernable depuis les défusions et qu’il faut en arriver à ce qu’il y ait un seul patron, et non plus 21 comme c’est le cas présentement. Il reconnaît que Montréal doit être gouverné par quelqu’un qui crie fort, autant quand c’est le temps que lorsque ce n’est pas le temps, parce que ça semble aujourd’hui être la seule façon de faire avancer les dossiers.

En fait, savoir imposer le respect et la crainte est la qualité la plus importante pour le maire d’une grande ville comme Montréal. Et à cet égard, Denis Coderre saurait faire. Les instances gouvernementales supérieures craindraient de lui dire non pour ne pas avoir à en subir les conséquences politiques. Je vous garantis que, dans bien des cas, le gouvernement du Québec préférerait lui donner ce qu’il demande plutôt que de subir le supplice de la goutte d’eau.

Cependant, Denis Coderre est conscient qu’on ne peut administrer une ville comme Montréal de la même façon qu’on administre la ville de Québec, principalement à cause de l’homogénéité de la population à Québec comparativement à la diversité de la population à Montréal. Mais ce qui est certain, c’est qu’il ne laisserait plus toute la place au maire Labeaume, car Montréal se doit de redevenir la métropole qu’elle a été sous l’égide du maire Drapeau.

Denis Coderre est en mesure de remettre Montréal sur la carte et de lui redonner son statut de métropole.

Selon moi, Denis Coderre est l’homme de la situation pour changer les choses à Montréal. Il a dit qu’il annoncera le 9 novembre s’il se portera candidat à la direction du Parti libéral du Canada ou à la mairie de Montréal. Je suis de ceux qui souhaitent qu’il choisisse Montréal.

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