TOUTE UNE RACLÉE POUR LE PQ

Publié dans La Presse, le 8 avril 2014.

L’alternance entre les partis est nécessaire dans un système démocratique comme le nôtre. Il aurait donc été dans la normalité des choses que le Parti québécois (PQ), non seulement reste au pouvoir après seulement 18 mois à la tête d’un gouvernement minoritaire, mais forme un gouvernement majoritaire cette fois.

Les mines basses étaient monnaie courante, hier, dans les différents rassemblements de partisans du Parti québécois.D’ailleurs, cette période de 18 mois, très chaotique au début, s’était transformée en une période beaucoup plus stable depuis la tragédie de Lac-Mégantic. Le Parti québécois n’avait donc qu’à continuer sur cette voie, prendre son temps, ne pas précipiter les choses, travailler avec l’opposition et retourner aux urnes plus tard sur la base d’un bilan fort respectable. Les Québécois lui auraient alors probablement donné ce gouvernement majoritaire tout en laissant le Parti libéral (PLQ) terminer son purgatoire.

Cependant, le PQ a très mal joué ses cartes durant cette campagne. Il a plutôt choisi une autre voie, celle du grand stratagème de l’indépendance sans douleur du trio d’ex-journalistes que sont les Lisée, Drainville et Duchesne. Pressé par le temps (et par les ténors du parti), le PQ a opté pour une stratégie vraiment tordue. Dans un premier temps, il lui fallait obtenir une majorité à n’importe quel prix, ce que le projet de Charte devait réaliser en jouant les régions contre les grands centres urbains. Par la suite, un livre blanc sur l’avenir du Québec aurait préparé le terrain pour un 3e référendum éventuel en démontrant que l’option souverainiste est la seule valable pour le Québec. Pour terminer, le PQ aurait fabriqué de toute pièce une crise identitaire à l’aide de chicanes continues avec Ottawa.

Dans ce contexte, le PLQ a servi toute une raclée au PQ en reprenant le pouvoir avec un gouvernement majoritaire après seulement 18 mois dans l’opposition. Par ses stratégies contradictoires, le PQ a tout simplement redonné le pouvoir aux libéraux sur un plateau doré. Les conséquences de cette défaite seront graves pour le PQ. D’une part, il ne pourra plus essayer une stratégie similaire avant plusieurs années maintenant qu’il est de retour dans l’opposition. D’autre part, avec les changements démographiques, il est possible que le PQ ait joué sa dernière carte et que l’option souverainiste s’évanouisse lentement mais surement.

Les élections du 7 avril 2014 auront alors été pour le PQ celles des grandes illusions perdues. Les Québécois ont vraiment donné une leçon de politique 101 au PQ et Pauline Marois doit en assumer l’entière responsabilité, car elle aura perdu par sa propre faute. Comme quoi les grands stratagèmes ne fonctionnent pas toujours. Les artisans de cette défaite devront en tenir compte à l’avenir. Les Québécois savent lire entre les lignes.

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