AIR CANADA OU L’ART DE COMPLIQUER LA VIE DES GENS

L’an dernier, j’écrivais dans ce journal que je m’étais réconcilié avec Air Canada. Je croyais avoir trouvé la solution idéale d’une part en voyageant toujours en classe affaires au prix de la classe économique grâce à des certificats de surclassement, ou avec des points Aeroplan, et, d’autre part, en faisant tout par internet : ma réservation, mon choix de siège et l’impression de ma carte d’embarquement. En fait, comme je n’ai jamais à parler ou voir un agent avant d’entrer dans l’avion, je devrais être le voyageur le plus heureux du monde. Pourtant, j’en arrive à la conclusion qu’Air Canada réussit toujours à trouver de nouvelles façons de nous compliquer la vie en se foutant des voyageurs.

De récents articles publiés dans La Presse ont fait ressortir le ressentiment généralisé qui a cours envers Air Canada. Cette dernière se plait à répondre qu’ils ont été nommé ‘’La meilleure ligne aérienne en Amérique du Nord’’. Tout ce que ça veut dire, c’est qu’Air Canada est ‘’la moins pourrie parmi les pourries…’’. Elle se compare à United, American, Continental ou Delta. Admettons que ce ne sont pas des exemples à suivre en matière de transport aérien. Mais si on compare Air Canada avec les compagnies aériennes européennes ou asiatiques, Air Canada ne fait tout simplement pas le poids. Au cours des derniers mois, j’ai eu à voyager avec Singapore Airlines, avec Thai Airways, avec Lufthansa et avec Air France. Air Canada ne va pas à leur cheville. Même China Airlines peut leur faire la leçon. Avec ces compagnies aériennes, nous sommes toujours partis à l’heure et sommes toujours arrivés à l’heure. Et le service était impeccable.

De toute évidence, Air Canada ne se donne aucune marge de manœuvre. Au cours de mes 5 derniers voyages avec eux, il y a eu des pépins à chaque fois. En voici des exemples : attente d’une demi-heure sur la piste à l’arrivée à Montréal parce que la porte désignée est occupée par un autre avion, attente de 20 minutes à la porte désignée parce qu’il n’y a personne pour approcher le tunnel de sortie près de la porte l’avion, attente d’une heure à Montréal parce qu’il manque un morceau suite à un bris mécanique, retard de 45 minutes parce que l’avion que nous devons prendre doit attendre sur la piste qu’une porte se libère, attente d’une heure au départ de Fort Lauderdale parce qu’il n’y a personne pour remplir le réservoir de l’avion, aucune carte d’immigration ne peut être distribuée à bord de l’avion parce que personne n’a pensé en remettre au personnel de bord et le personnel de bord n’a pas pensé en demander. Et j’en passe.

Mais ce n’est pas tout. Jusque dans les années 70, tous les vols internationaux arrivaient obligatoirement à Montréal. Ce n’était pas correct pour des villes comme Toronto ou Vancouver. Aujourd’hui, Air Canada fait l’inverse : Essayer d’aller dans une ville importante de la Côte Ouest américaine, d’Europe ou d’Asie sans transiter par Toronto. C’est presque impossible. À titre d’exemple, pendant des années, il y a eu des vols directs entre Montréal et Frankfurt en Allemagne. Aujourd’hui, vous devez transiter par Toronto. Même pour aller à Paris, vous avez le choix entre un vol direct de Montréal ou quatre vols si vous acceptez de transiter par Toronto. Air Canada devrait vraiment se demander pourquoi Air France domine la ligne Montréal-Paris. La réponse est pourtant bien simple.

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