C’EST DANS LA TÊTE QUE ÇA SE PASSE!

Il y a un vieil adage qui dit : ‘’Parlez-en en bien, parlez-en mal, mais parlez-en’’. C’est ce qui se passe présentement avec le mot ‘’récession’’. Il existe peut-être une définition technique de ce qu’est une récession, à savoir deux trimestres de suite avec une décroissance de l’économie, mais pour moi, cette définition ne veut rien dire parce que c’est dans la tête que ça se passe. Il ne se passe pas une journée en effet sans que quelqu’un en autorité évoque la possibilité d’une récession ou sans qu’un analyste chevronné fasse de même. Certains parlent de récession pour dire pourquoi il y en aura une alors que d’autres parlent de récession pour dire pourquoi il n’y en aura pas. Peut-être sans le savoir, ces gens augmentent sensiblement la possibilité que, justement, il y en ait une récession. À force d’entendre parler de récession, le consommateur retarde certains achats ‘’au cas où’’ il y aurait une récession. Et lorsque plus d’un million de personnes font la même chose et qu’en même temps, les entreprises font de même, hé bien là, on vient de créer une récession de toutes pièces. Il se vend moins d’autos, moins de maisons, moins de meubles, moins de parfums, il y a moins d’investissement, etc. Et, par voie de conséquence, des gens perdent leur emploi à cause de ça. Et, évidemment, on tombe en récession.

Et s’il y a récession, cette fois elle sera mondiale justement à cause du phénomène de la mondialisation des dernières années. Ça peut frapper fort et durer longtemps. Il y a en effet une nervosité dans l’air qui n’augure rien de bon. On sait tous que quand les États-unis toussent, le Canada attrape la grippe. Mais cette fois, ce ne sera pas seulement le Canada qui attrapera la grippe. Des pays comme la Chine, le Japon et la Corée qui vivent de leur commerce avec les États-unis attraperont peut-être une pneumonie. Et il faut dire que cette fois, le gouvernement américain n’aide pas les choses avec son déficit astronomique accumulé qui atteint presque 10 000 milliards de dollars, à savoir plus de 10 fois ce qu’il était il y a à peine 25 ans, sans compter les bêtises récentes des prêteurs avec leurs prêts hypothécaires pouvant atteindre 120% de la valeur déjà soufflée de certaines maisons. Il faut simplement aller dans la grande région de Miami en Floride pour voir la différence. Il y a à peine un an, il y avait des douzaines d’édifices à condos de plus de 20 étages en construction en même temps et les prix augmentaient à vue d’œil. Aujourd’hui, on ne voit presque plus de grues de construction et il y a des milliers de condos à vendre à des prix parfois dérisoires.

Il est évident que c’est aux États-unis qu’une récession débutera, si récession il y a. Le Canada ne pourra alors faire autrement qu’y goûter à cause notamment de nos exportations vers ce pays. Mais il y a un moyen facile pour nous de limiter les dégâts parce qu’on contrôle notre économie intérieure. Il suffit que chaque consommateur et chaque entreprise refusent d’agir comme si on était en récession. Si le niveau de consommation et le niveau d’investissement se maintiennent, le niveau de confiance reviendra et nous évitera le pire parce que….c’est dans la tête que ça se passe. Mais pour cela, il faut arrêter de parler de récession. Moi le premier, je prend la résolution de ne plus utiliser le mot récession, mot que j’ai utilisé 16 fois dans le présent article…

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