LE SOMMET DE LA DISCORDE

Publié dans La Presse, le 25 février 2013 :

Il semble bien que le grand perdant du Sommet sur l’éducation supérieure sera finalement l’éducation elle-même. Tout dans ce sommet aura été un ramassis de décisions politiques mises en place pour que le gouvernement puisse dire qu’il y a consensus.

S’il y a consensus, c’est plutôt sur les tergiversations du gouvernement qui ne semble absolument pas savoir où il s’en va avec ses skis ou comment se débarrasser d’une patate chaude qu’il a lui-même fait chauffer. Il est presque impossible pour le commun des mortels de comprendre vraiment ce qui se passe.

Le gouvernement Marois se plaît à dire que consensus ne veut pas dire unanimité. Je suis d’accord, mais il faut quand même que ça signifie quelque chose. De toute évidence, ce ne sera pas le cas ici. Ce sera plutôt le Sommet de la discorde, ou encore le Sommet de l’amateurisme, ou encore le Sommet de la cerise sur le sundae pour les étudiants.

D’une part, il y avait depuis longtemps un consensus sur le fait que nos universités sont sous-financées. Eh bien, le gouvernement aura réussi à tordre les chiffres pour démontrer que, non, elles sont en fait surfinancées. Il faut le faire. Nous savons tous qu’on peut faire dire aux chiffres ce qu’on veut, mais il y a une limite à ne pas dépasser au risque de perdre toute crédibilité.

Avec tout ce qui a été dit et fait jusqu’à maintenant, on ouvre des boîtes de Pandore qui seront peut-être difficiles à refermer. On joue les universités pauvres contre les universités riches, on joue les universités anglophones contre les universités francophones. C’est un jeu vraiment dangereux.

D’autre part, il y a ce parti pris envers les étudiants qui frôle le ridicule. Le gouvernement leur a déjà donné le beurre et maintenant, il s’apprête à leur donner l’argent du beurre. Le tout a débuté par des promesses électorales qui voulaient démontrer que les libéraux n’étaient pas en mesure de trouver une solution à la crise sociale de l’été dernier. Les étudiants sont devenus les bons qui pouvaient demander n’importe quoi, sachant que le gouvernement le leur donnerait en tout ou en partie.

C’est à ce moment qu’est arrivée la saga des mauvais recteurs contre les bons étudiants, du pas en avant suivi d’un pas en arrière, quand ce n’était pas deux pas en arrière. Et c’est là que tout le monde s’est perdu dans les dédales des contradictions.

Pierre Duchesne était un journaliste que j’aimais bien. Il était en mesure de bien analyser les événements en ayant une bonne vision des choses. Mais aujourd’hui, il n’est plus dans les estrades, il est sur la patinoire et, de toute évidence, il n’est pas en mesure de bien jouer au hockey. En tant qu’attaquant, il est pourri et ne peut pas compter des buts. Et s’il en compte, c’est dans son propre filet. En tant que défenseur, il est toujours sur la glace lorsque l’adversaire compte des buts.

Ce Sommet sur l’enseignement supérieur aurait dû être un mini-rapport Parent, c’està-dire une analyse ouverte de la situation actuelle suivie d’une analyse éclairée des solutions à apporter. Si quelqu’un voit une telle analyse dans ce sommet, qu’il lève la main.

MISE AU POINT — La publication de mon texte d’opinion intitulé « Le retour de Black Berry » dans La Presse de lundi dernier a coïncidé avec l’annonce que Black Berry serait un des commanditaires de l’émission Dans l’oeil du dragon, à laquelle je participe. Je tiens à souligner qu’il n’y a aucun lien entre les deux. RadioCanada ne nous informe pas à l’avance du choix des commanditaires et j’ignorais que Black Berry serait l’un d’eux. Et il était important de publier mon texte dans la semaine suivant le lancement du nouveau Black Berry Z10, étant donné le buzz créé par ce lancement.

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