OSEZ L’ENTREPRENEURIAT, POUR CRÉER VOTRE PROPRE SÉCURITÉ D’EMPLOI

Publié sur LesAffaires.com, le 4 janvier 2012:

Durant ma jeunesse, dans mon village natal de Saint-Prosper de Champlain, en Mauricie, la presque totalité de la population d’environ mille habitants était composée d’entrepreneurs. Il y avait les agriculteurs (non syndiqués à l’époque), le marchand général (c’était mon père), le restaurateur, le laitier, le boulanger, le boucher, le cordonnier, le réparateur général, le médecin (avant l’assurance maladie), etc. Tous vivaient bien et gagnaient leur vie sans trop se poser de questions et à peu près sans intervention gouvernementale. Les quelques employés qui n’étaient pas propriétaires de quelque chose étaient considérés comme les pauvres de la place et souffraient la plupart du temps d’insécurité chronique. Et puis, lentement mais sûrement, tout a basculé. Être entrepreneur est devenu un symbole d’insécurité à cause des risques financiers encourus, alors que les simples employés se croyaient sécurisés grâce à des emplois urbains bien rémunérés.

Après les Bombardier, les Beaudoin, les Simard, les Dutil, les Lemaire, les Coutu, les Péladeau, les Marcoux et les Verreault de ce monde, le Québec a connu une période creuse, en manque de nouveaux entrepreneurs. Le goût du risque semblait fondre comme neige au soleil, chacun recherchant une sécurité d’emploi parfois illusoire et laissant souvent à d’autres ethnies les joies et les récompenses de l’entrepreneuriat. En 50 ans de carrière, j’ai travaillé 30 ans pour de grandes corporations et 20 ans à mon compte. Et rien au sein de grandes compagnies, sauf probablement la SAQ, ne m’a donné autant de satisfaction que de réaliser et réussir des exploits pour moi-même dans mes propres entre-prises. Car être entrepreneur, c’est créer sa propre sécurité d’emploi et cesser de dépendre des autres pour son succès.

Il semble présentement y avoir au Québec un retour de la fibre entrepreneuriale qui augure bien pour l’avenir. La disponi-bilité du capital de risque s’est accrue, et le gouvernement vient de mettre sur pied un nouveau programme visant l’émergence de 50 000 entrepreneurs au cours des prochaines années, le tout avec un budget de 450 millions de dollars. Et puisque les entrepreneurs d’aujourd’hui sont mieux éduqués et mieux préparés, et que les nouvelles technologies, fondées sur Internet, se prêtent bien à l’entrepreneuriat, c’est vraiment le moment de foncer et de prendre la place qui nous revient dans cet environnement mondialisé.

Si un projet vous tient à cœur et que vous le croyez valable, faites un plan d’affaires, discutez-en avec vos proches et obtenez leur appui. N’hésitez pas ensuite à le montrer à votre banquier. Il vous dira probablement «?non?», mais il saura vous diriger vers des firmes spécialisées en capital de risque. Le jeu en vaut la chandelle.

Il y aura toujours des risques à être entrepreneur, mais ces risques peuvent être bien calculés et, au bout du compte, ils peuvent fournir des récompenses uniques, que l’on ne retrouve pas lorsqu’on travaille pour d’autres. Donc, si vous avez les qualités requises, «?osez?» devenir entrepreneur, car qui ne risque rien n’a rien. Prenez ce risque, qui est à la base de la création d’emplois un peu partout dans le monde et qui saura vous apporter une satisfaction à nulle autre pareille.

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