UNE INFLUENCE CAPITALE

Publié dans La Presse, le 26 novembre 2012 :

Même privatisée, Air Canada demeure la ligne aérienne nationale du Canada. Cela lui confère un rôle que ses compétiteurs de moindre importance n’ont pas, celui d’exercer une influence sur ce que peut nous réserver le futur de l’industrie aéronautique au pays.

Et dans ce contexte, choisir la CSeries de Bombardier serait pour Air Canada une façon d’assumer ce rôle tout en étant à l’avant-garde technologique dans le domaine de l’aviation.

On se souviendra qu’à la fin des années 80, Air Canada a choisi Airbus pour remplacer sa flotte vieillissante d’appareils Boeing, dont les fameux DC-8. Ce faisant, elle devenait l’une des premières compagnies aériennes en Amérique du Nord à préférer Airbus, une entreprise française, avec la conséquence que cette dernière a alors pris un élan qui lui a permis d’éventuellement dépasser l’américaine Boeing.

La flotte actuelle d’appareils à couloir unique d’Air Canada est composée, entre autres, de 88 avions Airbus et de 60 appareils plus petits d’Embraer. L’entreprise brésilienne avait, il y a quelques années, été préférée à Bombardier qui, pourtant, fabriquait des appareils similaires.

J’admets d’emblée être un profane quand il s’agit de porter un jugement sur les avantages d’un avion spécifique en comparaison avec d’autres. Il est ainsi évident que, dans son choix, Air Canada se doit de considérer les aspects technologiques et sécuritaires avant les aspects patriotiques.

Mais quand on y regarde de plus près, la CSeries de Bombardier mérite qu’on l’analyse dans les moindres détails, considérant qu’il s’agit d’un appareil entièrement nouveau, et non d’un appareil existant depuis des années et simplement remis au goût du jour.

D’une part, en ce qui concerne les avantages pour Air Canada, il faut mentionner que le poste de pilotage de la CSeries sera très intuitif et permettra de réduire à la fois les coûts et la durée de l’entraînement des pilotes. Il s’agit là d’un élément très important pour toute compagnie aérienne. De plus, les frais d’exploitation seront diminués d’environ 20%, notamment en raison de la légèreté de l’appareil, fabriqué avec des matériaux composites, et de l’économie en carburant. Finalement, l’avion de la CSeries est à la fois moins bruyant et émet moins d’émissions que ses compétiteurs.

D’autre part, en ce qui concerne les avantages pour les passagers, on parle d’un confort inégalé en raison de sièges plus larges et de la hauteur impressionnante de la cabine, sans compter qu’il y a un hublot par passager. Finalement, il est important de mentionner que les moteurs qui équipent la CSeries sont aussi fabriqués au Québec par Pratt&Whitney.

À l’occasion de son 75e anniversaire, ce serait tout un cadeau qu’Air Canada ferait à Montréal, au Québec et au Canada tout entier en choisissant la CSeries de Bombardier quand viendra le temps de remplacer sa flotte vieillissante d’appareils Airbus à couloir unique. Ce serait un coup de chapeau à tous ceux qui ont soutenu la compagnie aérienne pendant tant d’années.

Une commande d’Air Canada pour la CSeries pourrait être la « commande canon» qui serait imitée par de nombreuses autres lignes aériennes à travers le monde. Le résultat? Des milliers d’emplois bien rémunérés seraient assurés pour de nombreuses années.

Voilà pourquoi Air Canada se doit de favoriser la CSeries de Bombardier, une entreprise de chez nous, pour le renouvellement de sa flotte.

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